Réparation de l’ADN : découverte d’un processus ayant des implications critiques dans le traitement du cancer

Le 13 novembre 2008 – Dans une étude publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences of the USA (PNAS), le Dr Elliot Drobetsky explique comment il a découvert, avec deux de ses étudiants, Yannick Auclair et Raphaël Rouget, une nouvelle voie biochimique permettant le contrôle de l’un des systèmes de réparation de l’ADN. À terme, cette découverte devrait permettre de lutter plus efficacement contre les effets des agents carcinogènes comme les rayons UVA ou la fumée du tabac sur l’ADN, et contre la formation de tumeurs.

« Notre étude est la première à identifier le rôle de la protéine ATR dans la régulation d’un mécanisme spécifique de réparation de l’ADN appelé réparation par excision de nucléotide (REN), explique Elliot Drobetsky, auteur principal de l’article. La REN retire les parties endommagées de l’ADN avant qu’elles ne détruisent la fonction de protéines prévenant la formation des tumeurs dans le corps. »

La caractérisation des processus d’activation et d’inactivation de la REN est essentielle pour comprendre le développement des tumeurs. Pour étudier le rôle d’ATR, les chercheurs ont utilisé des cellules de poumon en culture. Ils ont découvert que l’inhibition d’ATR entraînait un dysfonctionnement complet de la REN durant une certaine période critique du cycle de croissance cellulaire.

En outre, ils ont identifié que le système de réparation dans lequel intervient la protéine ATR était totalement déficient dans certaines lignées cellulaires tumorales, ce qui constitue une solide démonstration de l’importance de cette fonction réparatrice de l’ADN dans le développement des cancers. « Notre étude révèle un mécanisme original permettant d’expliquer comment l’exposition à des carcinogènes environnementaux suscite et favorise la croissance de cancers », ajoute le docteur Drobetsky.

Répercussions sur la chimiothérapie
Cette découverte pourrait avoir des répercussions sur les traitements des cancers par chimiothérapie. On pense en effet que toutes les tumeurs dont les cellules présentent un défaut du système de réparation dans lequel intervient ATR répondraient extrêmement bien à la chimiothérapie parce que leurs cellules, contrairement aux cellules normales du reste du corps, présenteraient une hypersensibilité extrême à certains agents chimiothérapiques. 

« Notre découverte ouvre une nouvelle voie à la recherche, déclare le docteur Drobetsky. Nos constatations revêtent en effet une importance critique non seulement pour notre compréhension du développement des cancers, mais également pour la conception de nouvelles stratégies qui amélioreront sensiblement leur traitement. »

Au sujet de l’étude :
L’article intitulé « ATR kinase is required for global-genomic nucleotide excision repair exclusively during S phase in human cells  », publié sur le site Internet de Proceedings of the National Academy of Sciences of the USA (PNAS), est le fruit d’une collaboration entre Yannick Auclair, Raphaël Rouget, El Bachir Affar et Elliot A. Drobetsky du Centre de recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont. 

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