Découverte du mécanisme de régénération des lymphocytes CD4 : une percée importante pour les patients greffés et atteint du Sida

Le 11 janvier 2009 – La prestigieuse revue Nature Immunology publie ce jour un article du Dr Martin Guimond dans lequel le chercheur met en lumière certains mécanismes interférant avec la régénération des lymphocytes CD4+. Cette découverte majeure pourrait permettre, à terme, d’élaborer de nouvelles stratégies pour restaurer le système immunitaire des patients ayant subi une transplantation de cellules souches et de ceux infectés par le VIH.

Les lymphocytes T sont des composantes essentielles du système immunitaire. Pour bien fonctionner, le système immunitaire a besoin de deux types de lymphocytes T : les lymphocytes T CD4+, coordonnateurs de la réponse immunitaire, et les lymphocytes T CD8+ qui détruisent les cellules infectées ou cancéreuses. Malheureusement, chez la majorité des patients confrontés à une perte importante de lymphocytes T (par exemple, à cause d’une infection par le VIH ou d’un traitement de chimiothérapie), l’organe responsable de produire ces cellules est incapable de ramener leur nombre à un niveau normal. Pour augmenter leur nombre, les lymphocytes T résiduels contenus dans le sang du patient se divisent de façon exagérée, ce que l’on appelle prolifération homéostatique. Toutefois, ce processus permet de régénérer les lymphocytes T CD8+ mais pas les lymphocytes T CD4+, dont le nombre peut demeurer largement inférieur aux valeurs normales des années durant.

Dans son article, le Dr Guimond a mis en évidence les raisons expliquant ce phénomène sur lequel on s’interroge depuis des années. Il a ainsi identifié, chez la souris, une boucle de régulation négative qui interfère avec la capacité des cellules dendritiques à supporter la prolifération homéostatique des lymphocytes T CD4+.

« Cette découverte va nous permettre d’orienter dans la bonne direction les recherches visant à trouver une méthode pour reconstruire rapidement le système immunitaire des patients ayant reçu de la chimiothérapie intensive ou des greffes médullaires et des patients infectés par le VIH. », explique le Dr Guimond.

Rappelons que le Dr Guimond s’est joint à l’axe immunologie-oncologie début septembre 2008, pour y travailler notamment sur la thérapie cellulaire. Ses travaux s’intègrent parfaitement à la mission du Centre d’excellence en thérapie cellulaire, qui ouvrira ses portes à l’HMR en 2010.

La découverte du Dr Guimond fait l'objet d'un article dans La Presse et sur le site Internet de Radio-Canada, ainsi que d'une entrevue avec Robert Dutrizac au 98,5FM, et avec Simon Durivage à RDI.

Au sujet de l'étude

Intitulé « Interleukin 7 signaling in dendritic cells regulates the homeostatic proliferation and niche size of CD4+ T cells », l'article est le fruit du travail du Dr Guimond, en collaboration avec plusieurs chercheurs états-uniens : les Drs Rachelle G Veenstra, David J Grindler, Hua Zhang, Yongzhi Cui, Ryan D Murphy, Su Young Kim, Risu Na, Lothar Hennighausen, Sema Kurtulus, Batu Erman, Polly Matzinger, Melinda S Merchant  &  Crystal L Mackall.

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